Dak’Art, la Biennale qui a fait de Dakar une capitale de l’art contemporain africain

Oeuvres exposées à la Biennale de Dakar

Œuvres exposées à la Biennale de Dakar (Dak’Art). Photo : Wikimedia Commons.

Créée en 1992 à l’initiative de l’État sénégalais, la Biennale de Dakar, plus connue sous le nom de Dak’Art, s’est imposée au fil des éditions comme l’un des rendez-vous les plus attendus de l’art contemporain africain. Tous les deux ans, la capitale sénégalaise se transforme en un vaste territoire d’exposition : bâtiments publics, anciennes usines, galeries et rues du centre-ville accueillent les œuvres d’artistes venus du continent et de sa diaspora.

Une biennale née d’une ambition panafricaine

À sa création, Dak’Art répondait à une volonté claire : offrir à l’Afrique une plateforme artistique internationale qui lui appartienne en propre, à une époque où les grandes biennales occidentales laissaient peu de place à la création du continent. Le choix de Dakar n’était pas anodin : la ville avait déjà accueilli en 1966 le premier Festival mondial des arts nègres, sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor, posant les bases d’une politique culturelle tournée vers la reconnaissance de l’art africain à l’échelle mondiale.

Depuis, chaque édition s’organise autour d’une exposition internationale officielle, sélectionnée par un commissariat renouvelé, qui présente une soixantaine d’artistes venus de tout le continent et de sa diaspora. Peinture, sculpture, vidéo, installation, performance : les formats se multiplient et témoignent de la vitalité d’une scène qui ne cesse de se réinventer.

Le “Off”, laboratoire de la scène artistique dakaroise

Au-delà de l’exposition officielle, Dak’Art est aussi connue pour son “Off”, une profusion d’expositions organisées en parallèle par des collectifs, des écoles d’art et des galeries indépendantes. Ce volet parallèle, souvent plus foisonnant que la programmation officielle elle-même, donne à la manifestation une énergie particulière et une accessibilité rare pour ce type d’événement : nombre d’espaces ouvrent gratuitement leurs portes au public dakarois, brouillant la frontière entre le monde de l’art et la ville elle-même.

Cette porosité entre institution et initiative indépendante a permis à des générations de jeunes artistes, parfois sans galerie ni représentation, de présenter leur travail à des commissaires, des collectionneurs et des journalistes venus du monde entier.

Un tremplin pour les artistes du continent

Pour une fondation comme Tano Kora, engagée dans la valorisation de l’art africain, la Biennale de Dakar reste une référence incontournable : elle a révélé plusieurs générations d’artistes aujourd’hui exposés dans les plus grands musées du monde, tout en gardant un ancrage populaire fort auprès du public sénégalais. C’est précisément cette double exigence — rayonnement international et enracinement local — que la Fondation cherche à soutenir à travers ses propres actions de mécénat et d’accompagnement des talents ouest-africains.

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